Poème extrait de The Village Minstrel, de John Clare

Un vœu

Où que je sois quand la Mort apportera la note,
Exigeant le paiement de la dette rallongée de la vie,
Soit dans mon village natal, toujours dans mon nid,
Ou visitant des lieux que je ne connais pas encore –
Faites qu’un vœu, où que j’aille, me soit exaucé :
Faire demi-tour et m’en aller mourir chez moi,
Ne consentir mon dernier souffle qu’à mes plus chers amis,
Et reposer au cimetière avec mes proches,
Et décliner sous l’ombre épaisse du sycomore –
Ses larges feuilles tremblant à la brise du jour –
Voir son ombre danser sur mes cendres !
Quel réconfort ce sera, tandis que, volant non loin,
Mon esprit invisible hante sa tombe margueritée,
S’arrêtant sur les lieux que vivant il a tant aimés.

Traduit de l’anglais par © Maxime Durisotti

A wish

Be where I may when Death brings in his bill,
Demanding payment for life’s ling’ring debt,
Or in my native village nestling still,
Or tracing scenes I’ve never known as yet,
O let one wish, go where I will, be mine,–
To turn me back and wander home to die,
‘Mong nearest friends my latest breath resign,
And in the church-yard with my kindred lie,
‘Neath the thick-shaded sycamore’s decay,
Its broad leaves trembling to the breeze of day:
To see its shadow o’er my ashes wave,
How soothing will it be, while, hovering near,
My unseen spirit haunts its daisied grave,
Pausing on scenes in life once lov’d so dear.

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