Crépuscule épuisé

La rumeur de l’air du soir
Râle étouffée parmi les feuilles,
De lourdes gouttes tombent
Esseulées dans la poussière.

Sur les murs en ruine
Mousses et fougères prolifèrent,
Les vieilles gens se rétractent
Silencieux sur les balcons.

Des mains noueuses reposent
Immobiles sur les genoux d’artrose,
S’accordent un temps mort
Et s’évaporent.

Au-dessus du cimetière volent
De grands corbeaux pesants.
Sur les collines douces
Rampent les fougères et les mousses.

Sils Maria, Août 1960

Traduit par Yannick Pierrisnard

Müder Abend

Abendwindes Lallen
Klagt erstickt im Laub,
Schwere Tropfen fallen
Einzeln in den Staub.

Aus den mürben Mauern
Moos und Farne quellen,
Alte Leute kauern
Schweigend auf den Schwellen.

Krumme Hände lasten
Still auf steifen Knien,
Geben sich dem Rasten
Und verwelken hin.

Überm Friedhof flügeln
Krähen schwer und groB.
Auf den flachen Hügeln
Wuchert Farn und Moos.

Sils Maria, August 1960

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