Chantier de traduction : autour de W. Wordsworth

Sonnet

Nul tracas pour les nonnes dans l’étroite chambre au couvent,
Et les ermites sont satisfaits de leur cellule,
Et les étudiants de leurs citadelles pensives,
Les jeunes filles au rouet, le tisserand à son métier
Sont assis, réjouis, heureux ; les abeilles qui pour des fleurs
Grimpent en haut du plus haut pic des falaises de Furnell,
Bourdonneront toute l’heure dans les clochettes des digitales :
En vérité, la prison à laquelle nous-mêmes
Nous condamnons n’est pas une prison : aussi,
Au gré de mes diverses humeurs, je me divertissais d’être
Assigné au maigre lopin de terre du sonnet :
Ravi si quelques âmes (car il en faut nécessairement de telles)
Qui ont souffert du poids de trop de liberté,
Doivent trouver ici, à ma suite, un peu de réconfort.

Traduit par Maxime Durisotti

Nuns fret not at their convent’s narrow room,
And hermits are contented with their cells,
And students with their pensive citadels;
Maids at the wheel, the weaver at his loom,
Sit blithe and happy; bees that soar for bloom,
High as the highest peak of Furness fells,
Will murmur by the hour in foxglove bells:
In truth the prison unto which we doom
Ourselves no prison is: and hence for me,
In sundry moods, ’twas pastime to be bound
Within the Sonnet’s scanty plot of ground;
Pleased if some souls (for such there needs must be)
Who have felt the weight of too much liberty,
Should find brief solace there, as I have found.