Perplexités

I
Je parle aux oiseaux qui chantent dans le matin
Les alouettes et les moineaux jaillissant du maïs
Le pinson, la linotte chantant dans le buisson
Jusqu’à ce que le zéphyr et toutes les brises me fassent taire
Alors silencieux je vais et dans ma fantaisie dérobe
Un baiser aux lèvres du nom que je recèle
Mais rencontré-je celle que depuis tant je chéris
Je passe mon chemin en silence, délirant, effrayé.

II
Oui je la dépasse en silence et ne dis pas un mot
Et le bruit de mes pas se laisse à peine entendre
A peine j’ose jeter un œil en sa direction
Qu’alors toute une semaine je ne puis plus que soupirer
Si je regarde une fleur sauvage je vois là son visage
Là il est dans sa beauté toute radieuse et claire
Et devrait-elle passer par ici je n’ai rien à dire
Tous deux sommes silencieux et traçons notre propre route

III
Je parle aux oiseaux au vent et à la pluie
Mon amour à celle que je chéris jamais n’explique
Je parle aux fleurs qui poussent sauvagement
Comme si l’une était elle et l’autre son enfant
Je prononce de doux mots à ma façon fantaisiste
Mais si elle vient par ici je ne trouve rien à dire
Rechercher un baiser je le pourrais si j’osais
Mais je me sens perdu quand auprès de ma belle –

Traduit par Maxime Durisotti

Perplexities

I
I talk to the birds as they sing i’ the morn
The larks and the Sparrow’s that spring from the corn
The Chaffinch and Linnet that sings in the bush
Till the zephyr like breezes all bid me to hush
Then silent I go and in fancy I steal
A kiss from the lips of a name I conceal
But should I meet her I’ve cherish’d for years
I pass by in silence in fondness and fears

II
Yes I pass her in silence and say not a word
And the noise o’ my footsteps may scarcely be heard
I scarcely presume to cast on her my eye
And then for a week I do nothing but sigh
If I look on a wild flower I see her face there
There it is in its beauty all radient and fair
And should she pass by I’ve nothing to say
We are both of us silent and have our own way

III
I talk to the birds the wind and the rain
My love to my dear one I never explain
I talk to the flower’s which are growing all wild
As if one was herself and the other her child
I utter sweet words in my fancifyl way
But if she come’s by I’ve nothing to say
To look for a kiss I would if i dare
But I feel myself lost when near to my fair–