Du vieillissement (1949)

Portail en lattes d’un gris de cendres, d’un gris moisi, d’un gris familier,
Lâche verrou dans la clôture desserrée
Et au-dessus les broussailles desséchées
Forment la frontière de l’émerveillé.
     Ici le jardin, là-bas la forêt
Grandeur de l’enfance, émerveillement de l’enfance, riche alors et aujourd’hui de nouveau
Jeunesse et vieillesse ne font qu’un seul instant
Et entre les années les anneaux
Semblent perdus dans le temps,
     Etaient attente, à peine une forme.
Réfugié du temps, perdu dans le temps, muet le temps du mot enfantin
Je soulève du verrou la poignée
Et en ce lieu si enchanté
L’Etre s’annule là où il est conservé.
     C’est toujours le jardin
     Qui de rondelles de soleil se parsemait,
     Mais derrière la clôture dans le fin
     Fond noir de l’écho se dresse la forêt.

traduit de l’allemand par © Victoria Weidemann

Vom Altern

Graugebrannte, grauvermorschte, grauvertraute Lattenpforte
Riegelschwach im lockrern Zaun,
Die vom Buschwerk überdorrte
Grenze quer durch das Gestaun,
     Hier der Garten, dort der Wald.
Kindheitsgröße, Kindheitsstaunen, damals reich und heute wieder,
Jugend, Alter werden eins,
Und der Jahre Zwischenglieder
Sind nun zeitverlornen Scheins,
     Waren Warten, kaum Gestalt.
Zeitgeflüchtet, zeitverloren, zeitverstummt im Kinderworte
Hebe ich den Riegelknauf
Und im tiefverwunschnen Orte
Hebt das Sein sich selber auf:
     Immer noch ist es der Garten,
     Sonnenkringelhaft bemalt.
     Hinterm Zaun jedoch im zarten
     Echodunkel steht der Wald.

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