Conte de fées

La jeune pharaonne flâne sur les galets argentés dans le parc, où des fleurs rouges dorées accompagnent ses pas comme les yeux étonnés d’antilopes apprivoisées ; où de sages cacatoès avec leurs traînes somptueuses, comme celles de fières courtisanes, dorment sur des sphinx pétrifiés à l’ombre d’une large haie de cactus rares ; et ils tanguent : comme les vagues silencieusement ondulantes du Nil voisin.

La belle pharaonne et son esclave noir dans le parc. La pharaonne comme rayons de lune sur des pyramides rêvées.

L’esclave comme la longue nuit du pays.

L’esclave et les plumes de paon chassent les rayons incandescents du désir du soleil qui meurt d’une langueur lente.

La pharaonne sent l’air caressant ses cheveux veloutés. Et pense au vieux pharaon qui quelque part…

Et sourit…

Et tend son écoute vers le silence profond de l’étendue livide.

Et la pharaonne entend des airs sacrés… comme des prêtresses qui viennent d’être consacrées dans le temple d’Isis où personne n’a jamais mis pied comme de fières reines d’empires en ruines captivées comme des filles de la joie nues et en chaleur.

Des airs sacrés forcèrent l’esclave silencieux à danser.

Danser… jusqu’à ce que la tendre face de la pharaonne telle une silhouette claire sur le fond sombre repose sur sa large poitrine noire.

Et l’esclave idiot agite l’éventail… …

La jeune pharaonne flâne sur des galets argentés.

Traduit par Victoria Weidemann

Märchen

Die junge Pharaonin lustwandelt auf silbernem Kiese im Parke, wo goldrote Blumen, wie staunende Augen zahmgewordener Antilopen, ihr Schreiten begleiten; wo kluge Kakadus mit prunkvollen Schleppen, wie die stolzer Königsbuhlen, im Schatten seltenartiger, breiter Kakteensträucher auf versteinerten Sphinxen schlafen; und schwanken: wie die leiswallenden Wellen des nahen Nils.

Die schöne Pharaonin und ihr schwarzer Sklave im Parke. Die Pharaonin wie Mondschein auf erträumten Pyramiden.

Der Sklave wie des Landes lange Nacht.

Der Sklave und Pfauenfedern vertreiben glühendbegehrende Strahlen der langsam verschmachtenden Sonne.

Die Pharaonin fühlt die ihre samtenen Haare liebkosende Luft. Und denkt an den alten Pharao, der irgendwo …

Und lächelt …

Und lauscht in das tiefe Schweigen der erbleichten Weiten.

Und die Pharaonin hört heilige Weisen … wie ebengeweihte keusche Priesterinnen im niebetretenen Tempel der Isis wie gefangene stolze Königinnen zerfallener Reiche wie nackte brünstige Mädchen der Freude

Heilige Weisen zwangen den stummen Sklaven zu tanzen.

Tanzen … bis ihr zartes Antlitz gleich einer hellen Silhouette in dunklem Grunde auf seiner schwarzen, breiten Brust ruht.

Und der dumme Sklave fächelt … …

Die junge Pharaonin lustwandelt auf silbernem Kiese.

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