Sur notre Livre des danses

Peu après avoir connu Siegfried Kallenberg en 1921, j’écrivis à sa demande sept danses. De la poésie appliquée on pourrait dire. Indépendamment l’un de l’autre, le problème de l’approfondissement du rapport entre poésie et musique ainsi que l’élargissement de la notion de danse nous occupait. Ni la pantomime, qui est plus ou moins seulement une action illustrée et où la musique, contrairement à la danse absolue, n’est qu’un accompagnement, ni la poésie créée de manière arbitraire à partir de musique absolue ne pouvaient nous satisfaire. Nous visions une fusion plus intime de la poésie et de la musique, qui devait être une véritable unité grâce à la représentation dansée.

C’est ainsi que naquît le Livre des danses.

« Danses » — parce que l’essentiel n’y est pas dans la pantomime ou dans l’image, malgré l’action dramatique, mais uniquement dans la danse. L’adaptation musicale n’a pas servilement suivi les images de la poésie, mais formait son contenu intérieur seulement, l’atmosphère pour ainsi dire. La poésie donnait ainsi au compositeur le contenu, alors qu’elle donne le cadre, l’action aux figurants. C’est donc le danseur qui crée une nouvelle unité de la poésie et de la musique.

Traduit par © Victoria Weidemann

Über unser Buch der Tänze

Kurz nachdem ich Siegfried Kallenberg 1921 kennen lernte, schrieb ich auf seine Aufforderung hin sieben Tänze. Angewandte Dichtung könnte man sagen. Unabhängig voneinander beschäftigte uns das Problem der Vertiefung des Verhältnisses von Dichtung und Musik und die daraus sich ergebende Erweiterung des Begriffes Tanz. Weder die auf mehr oder weniger doch nur bildhafte Handlung gestellte Pantomime, bei der die Musik im Gegensatz zum absoluten Tanz doch nur die Rolle der Begleitung inne hat, noch die aus absoluter Musik rein willkürlich geformte Tanzdichtung konnte uns befriedigen. Wir erstrebten eine innigere Verschmelzung von Dichtung und Musik, die durch die tänzerische Darstellung zur Einheit erhoben werden sollte.

So entstand das Buch der Tänze.

»Tänze« – – – weil das Wesentliche trotz der dramatischen Handlung nicht im pantomimisch-bildhaften, sondern im rein tänzerischen liegt. Die Vertonung hielt sich nicht sklavisch an die Bilder der Dichtung, sondern formte allein ihren inneren Gehalt, sozusagen die Atmosphäre. Während also die Dichtung dem Komponisten das Innere gab, so gibt sie den Darstellern den Rahmen, die Handlung. Aus Dichtung und Musik schafft so der Tänzer die neue Einheit.