Chantier de traduction : autour de H. Heine

J’ai encore rêvé ce vieux rêve :
C’était une nuit de mai,
Nous étions assis sous le tilleul,
Et nous jurions fidélité éternelle.

Et c’étaient des serments et encore des serments,
Des rires, des caresses, des baisers,
Pour que je me souvienne du serment,
Tu m’as mordu la paume de la main.

Oh ma chérie aux yeux clairs !
Oh ma chérie belle et mordeuse !
Les serments étaient dans l’ordre des choses,
La morsure était superflue.

Traduit par Claire Placial

Mir träumte wieder der alte Traum:
Es war eine Nacht im Maie,
Wir saßen unter dem Lindenbaum,
Und schwuren uns ewige Treue.

Das war ein Schwören und Schwören aufs neu,
Ein Kichern, ein Kosen, ein Küssen;
Daß ich gedenk des Schwures sei,
Hast du in die Hand mich gebissen.

O Liebchen mit den Äuglein klar!
O Liebchen schön und bissig!
Das Schwören in der Ordnung war,
Das Beißen war überflüssig.