Chantier de traduction : autour de W. Wordsworth

SUR L’EXTINCTION DE LA RÉPUBLIQUE VÉNITIENNE

Un jour elle tint le splendide Orient dans sa main ;
Et demeurait le rempart de l’Occident : la grandeur
De Venise n’avait pas trahi sa naissance,
Venise, aînée des enfants de la Liberté.
C’était une Cité virginale, lumineuse, affranchie;
Que nulle ruse n’abusa, nulle force ne profana ;
Et quand pour elle-même Elle élut un Époux
Elle ne put qu’embrasser l’interminable Mer.
Qu’importe qu’elle ait vu faner ces lauriers,
Disparaître ces titres, et décliner cette puissance,
Toujours quelque tribut de peine doit être versé
Puisque sa longue vie a atteint son ultime jour :
Humains sommes-nous, qui devons souffrir quand s’éteint
Jusqu’à l’ombre de ce qui fut grand un jour.

Traduit de l’anglais par Maxime Durisotti

ON THE EXCTINCTION OF THE VENETIAN REPUBLIC

ONCE did She hold the gorgeous east in fee;
And was the safeguard of the west: the worth
Of Venice did not fall below her birth,
Venice, the eldest Child of Liberty.
She was a maiden City, bright and free;
No guile seduced, no force could violate;
And, when she took unto herself a Mate,
She must espouse the everlasting Sea.
And what if she had seen those glories fade,
Those titles vanish, and that strength decay;
Yet shall some tribute of regret be paid
When her long life hath reached its final day:
Men are we, and must grieve when even the Shade
Of that which once was great, is passed away.