SONNET 7

Comme vite a le temps, discret voleur de la jeunesse,
Dérobé sur son aile mon vingt et troisième an !
Mes jours en hâte à plein galop s’enfuient,
Mais mon printemps tardif bouton ni fleur n’étale.
Peut-être mon aspect trahit-il la vérité,
Car je suis parvenu si près de l’âge d’homme,
Et la maturité intérieure se laisse si peu voir,
Quand elle est naturelle à de plus vifs esprits.
Mais qu’elle soit intense ou faible, se presse ou tarde,
Ce sera toujours du même pas régulier
Pour ce même destin, médiocre ou élevé, qu’importe,
Auquel le Temps me mène, et le vouloir du ciel ;
Il suffit que j’aie la grâce d’en pouvoir user ainsi,
Comme toujours sous l’œil du grand contremaître.

Traduit par Maxime Durisotti

SONNET 7

How soon hath time, the subtle thief of youth,
   Stol’n on his wing my three and twentieth year!
   My hasting days fly on with full career,
   But my late spring no bud or blossom shew’th.
Perhaps my semblance might deceive the truth,
   That I to manhood am arrived so near,
   And inward ripeness doth much less appear,
   That some more timely-happy spirits endu’th.
Yet, be it less or more, or soon or slow,
   It shall be still in strictest measure even
   To that same lot, however mean or high,
Toward which Time leads me, and the will of heaven;
   All is: if I have grace to use it so,
   As ever in my great task-Master’s eye.

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