SONNET 1

O rossignol, qui depuis cette ramée en fleurs
Roucoules au couchant, dans le sommeil des bois,
D’un espoir rénové tu remplis le cœur de l’amant
Tandis que gaies les heures précèdent le favorable mai,
Tes notes liquides qui concluent la fin du jour
Plus tôt entendues que le bec aigu du coucou
Présagent le succès amoureux ; O puisque Jupiter a souhaité
A ton trille associer ce pouvoir de l’amour, aussi
Chante sans délai ; avant que l’insolent oiseau de la haine,
Ne me prédise le désespoir depuis quelque proche bosquet :
Au fil des ans ton chant est toujours trop tard venu
M’apporter son réconfort ; mais tu n’en as nulle raison,
Est-ce la muse, ou bien amour qui te nomme son compagnon ?
Je les sers tous deux, et suis de leur cortège.

Traduit de l’anglais par © Maxime Durisotti


O Nightingale! that on yon bloomy spray
Warblest at eve, when all the woods are still,
Thou with fresh hope the lover’s heart dost fill,
While the jolly hours lead on propitious May,
Thy liquid notes that close the eye of day,
First heard before the shallow cuckoo’s bill,
Portend success in love; O, if Jove’s will
Have linked that amorous power to thy soft lay,
Now timely sing, ere the rude bird of hate
Foretell my hopeless doom in some grove nigh;
As thou from year to year hast sung too late
For my relief, yet hadst no reason why:
Whether the Muse, or Love, call thee his mate,
Both them I serve, and of their train am I.