« Il y a un an de ça, quand je t’ai revue,
Tu ne m’as pas embrassé pour m’accueillir.
Ainsi parlai-je, et la rouge bouche de la très chère
Sur mes lèvres pressa le plus beau des baisers.

Et souriante douce elle prit un brin de myrte
Au buisson de myrte placé à la fenêtre :
« Prends-le, et plante ce brin dans la terre fraîche,
Et met un verre dessus », dit-elle avec un signe de tête.

C’était il y a longtemps déjà. Le brin dans son pot est mort ;
Elle, il y a des années que je ne l’ai pas vue.
Mais le baiser toujours me brûle en souvenir.

Et de loin il y a peu je revins dans les lieux
Où habite la petite chérie. Devant la maison je restai
Planté toute la nuit, ne partis qu’au matin.

Traduit par Claire Placial

 

 

»Als ich vor einem Jahr dich wiederblickte,
Küßtest du mich nicht in der Willkommstund.«
So sprach ich, und der Liebsten roter Mund
Den schönsten Kuß auf meine Lippen drückte.

Und lächelnd süß ein Myrtenreis sie pflückte
Vom Myrtenstrauche, der am Fenster stund:
»Nimm hin, und pflanz dies Reis in frischen Grund,
Und stell ein Glas darauf«, sprach sie und nickte. –

Schon lang ists her. Es starb das Reis im Topf.
Sie selbst hab ich seit Jahren nicht gesehn;
Doch brennt der Kuß mir immer noch im Kopf.

Und aus der Ferne triebs mich jüngst zum Ort,
Wo Liebchen wohnt. Vorm Hause blieb ich stehn
Die ganze Nacht, ging erst am Morgen fort.