II

Crépuscule

Sur le pâle rivage de la mer
J’étais assis affligé de pensées et solitaire.
Le soleil plongeait profond, et jetait
Des rais rouges ardents sur l’eau,
Et les blanches, vastes vagues,
Pressées par la marée,
Écumaient et bruissaient toujours plus proches –
Un bruit singulier, chuchotements et sifflements,
Rires et murmures, soupirs et mugissements,
Parmi ces bruits, le chant d’une secrète berceuse –
Moi, c’était comme si j’entendais les légendes disparues,
Les contes immémoriaux et charmants,
Que jadis, quand j’étais petit,
M’avaient appris les enfants du coin,
Lorsque les soirs d’été,
Sur le porche aux escaliers de pierre,
Nous nous accroupissions pour entendre les histoires,
Le petit cœur toute ouïe
Et les yeux vifs de curiosité ; –
Pendant que les grandes jeunes filles,
Près des pots de fleurs embaumés
Étaient assises en face, à la fenêtre,
Visages de rose,
Souriants et illuminés par la lune.

Traduit par ©Claire Placial, 2014

II

Abenddämmerung

Am blassen Meeresstrande
Saß ich gedankenbekümmert und einsam.
Die Sonne neigte sich tiefer, und warf
Glührothe Streifen auf das Wasser,
Und die weißen, weiten Wellen,
Von der Fluth gedrängt,
Schäumten und rauschten näher und näher –
Ein seltsam Geräusch, ein Flüstern und Pfeifen,
Ein Lachen und Murmeln, Seufzen und Sausen,
Dazwischen ein wiegenliedheimliches Singen –
Mir war, als hört ich verscholl’ne Sagen,
Uralte, liebliche Mährchen,
Die ich einst, als Knabe,
Von Nachbarskindern vernahm,
Wenn wir am Sommerabend,
Auf den Treppensteinen der Hausthür,
Zum stillen Erzählen niederkauerten,
Mit kleinen horchenden Herzen
Und neugierklugen Augen; –
Während die großen Mädchen,
Neben duftenden Blumentöpfen,
Gegenüber am Fenster saßen,
Rosengesichter,
Lächelnd und mondbeglänzt.