Chantier de traduction : autour de W. Wordsworth

Je crus voir les marches d’un trône
Que brumes et vapeurs à mes yeux masquaient,
Et ne vis rien de celui qui possédait là son siège ;
Mais les marches, le sol alentour étaient partout jonchés
Des images les plus pitoyables que les os et la peau
Ont jamais données ; une misérable foule,
Malade, vigoureuse, âgée, jeune, hurlant au nuage
« Tu es notre reine, ô Mort ! pour toi nous gémissons ! »
Il me sembla gravir ces marches ; les vapeurs faisaient
Un chemin facile ; et je vis la face d’une qui
Seule dormait dans une fosse moussue,
Et la face tournée vers le ciel ; on eût dit qu’elle avait
Du plaisir à se remémorer quelque antique pensée ;
Une charmante Beauté dans une tombe d’été !

Traduit de l’anglais par Maxime Durisotti

  • L’ouverture du sonnet reprend celle du sonnet 19 de Milton (« Methought I saw my late espoused saint… »)

Methought I saw the footsteps of a throne
Which mists and vapours from mine eyes did shroud,
Nor view of him who sate thereon allowed;
But all the steps and ground about were strown
With sights the ruefullest that flesh and bone
Ever put on; a miserable crowd,
Sick, hale, old, young, who cried before that cloud,
« Thou art our king, O Death! to thee we groan. »
I seemed to mount those steps ; the vapours gave
Smooth way; and I beheld the face of one
Sleeping alone within a mossy cave,
With her face up to heaven ; that seemed to have
Pleasing remembrance of a thought foregone;
A lovely Beauty in a summer grave!

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